Déstructurée la bûche.

Ca a commencé avec une idée très précise de bûche marron chocolat. Sur fond de dacquoise. J'adore la dacquoise. J'en ai fait une fois il y a bien longtemps. Dans mon souvenir, elle était réussie. Celle de cette année est bonne au goût mais je pense par ailleurs qu'elle est parfaitement ... ratée d'un point de vue esthétique. Cette bûche, je l'ai en tête depuis quelques semaines déjà. Je la vois. Une tranche de dacquoise, une couche de mousse au chocolat, une autre tranche de dacquoise une couche de mousse de marron, la fin est plutôt floue dans ma tête, mais c'est déjà bien parti.


A l'arrivée, ce n'est plus une bûche. Finalement, pourquoi suivre la tradition de la bûche? Le chéri me dit que ça ne tiendra jamais puisque je refuse la gélatine. Je n'arrive pas à m'en servir (de la gélatine). J'en ai acheté avec de bonnes intentions et je ne l'ai encore jamais utilisée. Je n'aime pas les mousses à la gélatine. C'est un truc qui aide les préparations à tenir. Mais je n'aime pas la consistance que cela donne aux desserts. C'est joli, ça tient bien, mais c'est pô bon. Donc devant le manque de confiance de mon entourage, l'idée m'est venue, alors que j'étais au téléphone avec Lavender qui me dit " Mais alors, si ça se casse la gueule, tu vas faire nous servir quoi en dessert?" Elle l'a probablement dit de façon un peu plus élégante. J'ai cependant trouvé un peu suspecte cette inquiétude, vu qu'en général, elle préfère largement le salé au sucré. Soit. Alors je lui ai répondu : "Je vais la déstructurer ma bûche. Je vais en faire des verrines". Et voilà. Le tour est joué. Comme bien entendu je n'ai pas réussi à remettre la main sur mes verrines obligeamment offertes par mon gendre il y a déjà quelques années, et pourtant je les ai utilisées y a pas très longtemps il me semble, bref, j'ai dû encore trouver une solution de secours. J'avoue ne pas avoir cherché trop violemment. D'abord c'était le soir et je commençais à fatiguer, ensuite dans mon souvenir je n'en avais que six et nous allions être au moins neuf le lendemain. Alors j'ai pris des verres. Dépareillés les verres. Normal, pour une bûche déstructurée. En fait je n'ai pas neuf verres identiques. Tout comme ce jour-là je serai également infoutue de présenter neuf assiettes identiques à mes invités. Et le soir nous serons dix. Ce sera encore plus dépareillé. Les seules choses qui seront identiques et en nombre suffisant seront... les serviettes en papier. Je l'avoue humblement, pas de jolie table chez moi. La nappe est propre (enfin, en général). La vaisselle aussi. Mais j'ai un gros complexe au niveau de la vaisselle. Quand je suis invitée et que je mange dans de la jolie vaisselle (toujours, en fait) ben je n'ose pas rendre l'invitation. J'ai honte quoi.
Mais revenons à mes verrines. On en a fait une à tester. Et le test est concluant. A part BM qui n'a même pas daigné la goûter. J'ai je l'avoue du mal à comprendre cette non curiosité pour un truc a priori bon. Je ne lui demandais pas d'en manger la moitié, non, juste d'y tremper ses lèvres, de me faire plaisir en goûtant. Qu'elle ne vienne pas se plaindre que sa belle-fille l'envoie chier un peu trop violemment, fallait pas me vexer cocotte. La Clairotte, elle est chatouilleuse dans sa cuisine.
Mais l'autre, faut toujours qu'elle commence à tordre le nez. Ensuite elle se détend. Fallait la voir devant mon gigot de 7h. Heureusement que ça embaumait et qu'au final c'était trop bon. Et qu'elle ne s'est pas privée. Mais dès qu'on sort un peu de sa côte de porc/patates et de sa soupe en briquette, aïe, aïe, aïe! "C'est pas mauvais" dit-elle, j't'en foutrais des "c'est pas mauvais", l'art de la litote en cuisine, c'est pas mon truc.
D'autant que depuis quelques jours, on se rattrape. Après un régime forcé sans résidus pour l'homme, il a de nouveau droit à toutes les bonnes nourritures terrestres, alors, profitons-en !


Désolée mes chatons (ouais, j'ai vu ça sur certains blog, les nanas elles appellent leurs lecteurs mes chatons, ou mes pingouins ou que sais-je encore) je viens de retrouver ce texte dans les limbes de mon ordinateur. J'ai dû le pondre au moment de Noël qui chez nous a été fêté plusieurs fois, comme chez beaucoup de gens j'imagine. Donc je vous le sers avec du retard mais le retard en recettes, ben on s'en fiche un peu. Y a pas de photos, pardon, mais la bûche déstructurée, elle a disparu depuis bien longtemps dans les égoûts de la ville... et personne n'a songé je pense à l'immortaliser. Je vous la décris, tiens, chuis brave : On ferme les yeux et on imagine dans un verre à pied : une couche marron foncée, une couche marron clair, un truc non identifié marron aussi (mais différent le marron, hein, faut pas déconner, c'est un bout de dacquoise qui se balade) encore un peu de marron puis de l'autre marron. C'est beau non??!! Et je ne me souviens même plus si par dessus j'ai terminé par une couche blanche de chantilly maison. Après réflexion, je crois que non. Et aussi pour les difficiles, je me souviens que j'ai fait des verrines tout chocolat et d'autres tout marron.
A bientôt les petits loups, je peux vous annoncer sous les vivats qu'un article est en préparation. Baptistin l'a imploré, Danielle aussi, et ce soir nous venons de cuisiner un truc improbable et délicieux avec le chéri. Me reste à vous raconter cette histoire de foie.

Je vous laisse j'ai un sanglier sur le feu...